Les traitements naturels
vendredi 12 mars 2004
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1- Introduction
Les jardiniers ont la main lourde quand il s’agit d’utilisation des
produits phytosanitaires, se sont de gros pollueurs. Une étude montre que la quantité de
produits phytosanitaires utilisée par les jardiniers amateurs représente le double de ceux
épandus par les agriculteurs pour la culture de maïs. Mais la surface des jardins est la
moitié de celle du maïs
2- Quels sont les risques des traitements chimiques ?
Les produits chimiques sont dangereux pour celui qui les applique, on
constate en effet une augmentation du nombre de leucémies chez les agriculteurs. Mais aussi
dangereux pour l’environnement :
- Pollution de l’air : on note des traces de phytosanitaires dans l’air même dans des
zones éloignés de toutes cultures. En ce moment, un organisme de Midi-pyrénées cherche
fans l’air des traces de 11 molécules utilisé dans des produits phytosanitaires dans
plusieurs zones par l'ORAMIP (Ville, campagne…)
- Pollution de l’eau : on retrouve notamment des molécules de Lindane et d’atrazine
utilisées comme désherbant du maïs. On peut néanmoins noter que ces molécules sont
maintenant interdites.
- Pollution du sol : dans les zones viticole, on observe une augmentation de la teneur
en cuivre du sol due à l’abondance des traitements de la vigne.
Problème du Gaucho du Régent, insecticides responsable de la mort de milliard d’abeilles.
« En 2002, 21 % des ruches vendéennes ont été détruites après l'hiver. Et, cet été, on a
enregistré une perte de 70 % de la récolte du miel de tournesol ». Fin décembre, un premier
rapport du professeur Gérard Arnold a reconnu l'impact de la matière active de l'insecticide
Régent TS, baptisée Fipronil, sur la surmortalité des abeilles. Et il y a moins d'une semaine,
un autre rapport, du toxicologue François Narbonne, membre de l'Agence française de sécurité
sanitaire des aliments (AFSSA), « attribue au Régent une toxicité importante, voire mortelle,
par inhalation, contact et ingestion, cette fois-ci pour l'homme », effets neurotoxiques ainsi
que des effets cancérigènes. « Il ne faut pas seulement interdire le Régent mais surtout
demander le rappel immédiat de tous les stocks présents dans les exploitations ».
De tout temps, les jardiniers ont utilisé de façon empirique des astuces et des produits
naturels pour lutter contre les maladies et ravageurs. Les progrès de la biologie ont permis
de mieux comprendre les avantages d’un jardinage respectueux de la nature.
Comment lutter contre les maladies et les ravageurs de façon naturelle ?
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La destruction manuelle Des insectes quand cela est possible.
Exemples : doryphore sur les pommes de terre, thrips sur les lys ou puceron sur cucurbitacées.
De plus, on limite aussi la prolifération des larves qui sont très gourmandes des pousses.
Des plantes malades dans le cas de maladies cryptogamiques et si l’attaque est très importante
pour éviter d’étendre la contamination aux autres plantes. |
Avoir des plantes saines :
Les attaques parasitaires sont le plus souvent liées à l’état physiologique de la plante, plus
une plante est faible, plus elle est sujette aux attaques. Il faut donc aider la plante à
résister, quelques conseils :
- La cultiver dans un environnement favorable : terre, eau, travail du sol : ameublir la
terre sans retournement et augmentation de l’humus dans le sol, corriger les carences en
éléments essentiel (azote, phosphore, potasse)
- Planter des espèces adaptées au sol et au climat de la région.
Pratiquer la rotation des cultures.
La rotation des cultures ou assolement, part du principe que les légumes ont des besoins
extrêmement élevés en éléments nutritifs. On ne cultive pas le même type de légume sur la même
parcelle deux années de suite. Cela permet d'éviter un trop grand épuisement du sol.
Exemple de rotation culturale en trois ans :
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- Parcelle A : Du fumier ou du compost frais avec des engrais organiques ou minéraux est
ajouté au sol. Les légumes fruits sont cultivés tel que maïs, haricots, pois, tomates,
piment, aubergine, concombres, melons, courges et citrouilles.
- Parcelle B : Du compost bien mûr et de l'engrais organique ou minéral est ajouté à la
parcelle. Le pH est ajusté entre 5.5 et 6.5 Les légumes racines y sont cultivée tel que
betterave, carottes, navets, oignon et ail
- Parcelle C : Seulement de l'engrais est incorporé au sol. Le pH est ajusté neutre à
7.o en chaulant. On y cultive tous les types de choux et les laitues et épinards.
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Favoriser la multiplication des auxiliaires dans le jardin :
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- en augmentant les espèces végétales ont augmente la diversité de la faune :
Plantation de haiie comportant plusieurs espèces végétale (stop au haie de thuyas !!)
- en favorisant la présence des mésanges par la construction de nid et la distribution de
nourriture en hiver. Les mésanges se nourrissent de larves de certains insectes comme le
carpocapse (vers) mais aussi de la plupart des chenilles.
- en accueillant les batraciens et les reptiles qui consomment limaces et larves
d’insectes : création d’abris de grosses pierres et de mares.
- en respectant les perces oreilles (forficula auricularia) en installant des abris
en pot de fleur.
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Associer des plantes « amies »
Exemple :
- Poireaux perpétuels ou ail au pied des pêchers pour éviter la cloque et des rosiers
pour éviter le mildiou.
- Toujours installer au pied des tomates des plants de basilic qui éloigne les insectes
et les maladies de la tomate.
- Mettre au jardin potager des tagètes qui sont de puissant nématicides.
Leurrer les prédateurs avec des odeurs parasites
Exemple :
- Des œillets d’inde semés près des choux éloignent la piéride
- Planter de la tomate près des choux ou du sureau qui rebute les pucerons
Utiliser les « éliciteurs » des plantes
Comme par exemple l’ortie ou la consoude. Des extraits d’ortie ou de
consoude mettent en alerte la plante qui peut ainsi mieux résister aux attaques des agresseurs.
On peut comparer leur action à un vaccin. Ce sont des stimulants biologiques.
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Recette du purin d’orties :
Mettre 1 kg de feuilles (plante non fleurie) dans 10 litres d’eau non
chlorée (de pluie ou eau du robinet laissée reposée pendant 2 jours à l’air libre) dans un
récipient couvert comme une poubelle.
Eviter tout choc thermique, remuer tous les jours.
La fermentation est terminée lorsqu’il n’y a plus de bulles qui remontent à la surface ! (en
fonction de la température, cela peut être plus ou moins rapide)
Attention : après cela devient une putréfaction !
Ensuite, il est possible de conserver quelques mois du purin d’ortie dans des bouteilles
hermétiques. |
Soigner les plantes par les plantes
Quelques définitions utiles :
La décoction consiste à verser une substance dans de l'eau bouillante
(frémissante) pour en extraire les principes actifs.
Exemple : La tanaisie en décoction contre
pucerons, altises et fourmis (300-400g/10L ), pulvérisation de la solution non diluée.
L'infusion consiste à verser un liquide frémissant à bouillant, hors du feu,
sur une substance, pour en extraire les principes. Plusieurs plantes, feuilles, fleurs, racines
etc...
Exemple: rhubarbe contre la teigne du
poireau et les pucerons noirs.
La macération est une opération qui consiste à laisser macérer un corps dans
un liquide (eau, vin, alcool, formol etc...) pour en extraire les principes actifs ou
l'imprégner ou le conserver.
Attention : Ne pas mettre plusieurs plantes
à macérer ensemble, mais on peut mélanger plusieurs extraits pour traiter.
Les extraits sont utilisés en pulvérisation à la dilution de 5% ou 20% en arrosage. C’est la
pulvérisation qui agit le plus rapidement.
Quelques plantes à action :
Plantes à action stimulantes : achillée, bardane,
camomille, consoude, fougère aigle, ortie, pissenlit, souci, tomate, valériane.
Plantes à action fongicides : ail, absinthe, bardane, capucine, prêle, raifort,
rumex, sauge, tanaisie.
Plantes à action répulsives : absinthe(piéride), capucine(pucerons), euphorbe
(limaces), lavande, lierre(aleurodes), mélisse, menthe (puceron noir), ortie (pucerons), prêle
(ver du poireau), rhubarbe, rue, sureau (taupes)
Plantes à action insecticide : ail, consoude, fougère, ortie, pyrèthre,
saponaire, sureau.
Utiliser des produits « étouffants »
Comme l’argile (sur les troncs d’arbre l’hiver) et le savon (contre les
pucerons) additionné d’huile ou d’alcool.
Utiliser en cas de besoin des produits non toxiques du commerce :
Insecticide : la roténone (contre la plupart des insectes ou acariens) et les pyréthrines
naturelles. Contre les chenilles : bacillus thuringiensis, la nicotine insecticide naturel en
macération.
Fongicide : contre les maladies cryptogamiques le sulfate de cuivre en traitement préventif
(contre mildiou), savon noir, le soufre (contre la tavelure ; l’oïdium, et les acariens ,
cloque).
Remarque : Tous ces produits ne provoquent pas
d’accoutumance.
Autres astuces : La cendre de bois, la projeter sur les colonies de pucerons.
Entourer les plantes jeunes d’un cercle de cendre contre les chenilles.
Souvent ne pas traiter reste la meilleure solution, en effet la plante développe elle même des
systèmes de défense et jugule l’invasion. C’est souvent le cas pour les rosiers qui subissent
très tôt les pucerons et qui s’en défendent très bien tout seuls après (comparaison avec les
antibiotiques chez l’homme).il nous faut réapprendre à nos végétaux la tolérance.
Attention : Même les produits bios peuvent être dangereux ! La roténone est
toxique aussi pour les insectes utiles et pour les vers de terre. Le sulfate de Cuivre (la
bouillie bordelaise) entraîne une concentration élevée de cuivre dans le sol.
Voilà il ne nous reste plus qu’à expérimenter toutes ces astuces, rendez vous l’an prochain
pour un bilan !
3) Informations utiles :
Livres :
- Bernard Bertrand : purin d’ortie et compagnie Editions de Terran
- Jean Paul Thorez : le guide du jardinage biologique éditions Terre Vivante
- Les quatre saisons du jardinage de Terre Vivante.
- Ravageurs et maladies au jardin : les solutions biologiques de Otto Schmid et Sylvia
Henggeler Editions Terre Vivante
Une librairie « intéressante pas trop loin : Librairie cocagne à Saint
Cyprien
Prochain café botanique : Où sont les légumes et les fruits d’antan ?
Vous pouvez chercher par avance, dans vos souvenirs, dans les livres, apporter des légumes
anciens, vos impressions sur ces légumes goût, utilisation.
Les 3 mois prochains, à la demande de beaucoup ils seront à 20h 30 les thèmes futurs seront :
l’eau, la petite faune.
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