Les cafés botaniques
Quels engrais pour nos jardins ?
notre premier café botanique !
vendredi 09 janvier 2004 autour de la cheminée à Utopia.

Nous étions 23 (dont 3 personnes extérieures à l’association) pour cette première réunion très conviviale dans le coin cheminée d’Utopia, des personnes venant au cinéma se sont arrêtées pour regarder le poster et prendre de la documentation.


1- Quelques rappels.

Le sol.

Le sol est le milieu où tout végétal puise la majeure partie des éléments nutritifs nécessaires à son développement.. Il peut être :

  • Argileux :30% d’argile. La terre est imperméable, froide, humide, crevassée par temps sec
  • Sableux : 70% de sable. La terre est perméable, chaude, abrasive
  • Calcaire : 10% calcaire. La terre est sèche et chaude l’été et froide l’hiver
  • Humifère : 5% d’humus

Si deux éléments dominent la terre devient alors : argilo-calcaire, argilo-siliceuse, silico-calcaire.
A Tournefeuille la terre est majoritairement argilo-siliceuse.
Une terre peut-être acide (pH<7), neutre (pH de 7) ou basique (pH>7). La terre de bruyère est acide, le sol calcaire est basique.
Cette réaction du sol est en relation directe avec le pouvoir absorbant.
Plus le sol est cultivé plus le pH diminue, d’où la nécessité des amendements et des engrais pour maintenir ce pH propice à la culture (pH de 6,5 à 7) ; un sol basique provoque des chloroses.
Le sol renferme de nombreux organismes tels que bactéries, champignons, algues, etc.…
Déterminer la nature du sol permet d’améliorer la production en corrigeant ses défauts. La meilleure solution est de faire analyser son sol par un laboratoire spécialisé sans oublier de demander les corrections à apporter en fonction des cultures (potager, fruitiers, gazon, ornement, prairie).

Comme plusieurs personnes nous l’ont demandé nous avons pris des contacts avec le laboratoire EUROPE-SOLS 75, voie du TOEC 31300 Toulouse qui doit nous faire une proposition de prix si nous sommes plusieurs à demander une analyse. Nous vous donnerons l’information lors du prochain café botanique.


La fertilisation.

La fertilisation, c’est tout ce que le jardinier fait pour maintenir ou accroître la fertilité du sol de son jardin : apport d’engrais, de compost, d’amendements divers…

Que se passe-t-il si l’on ne met rien dans le jardin ?

  • la baisse progressive du taux d’humus
    L’humus est une substance organique issue de la transformation des matières végétales et animales « tombées » sur le sol et dégradées par oxydation au contact de l’air. La destruction de l’humus est très rapide dans les sols trop profondément travaillés, dans les sols trop arrosés, et dans les jardins trop propres ou le sol est souvent laissé à nu
  • l’appauvrissement du sol en éléments nutritifs.
    Ces éléments sont apportés en permanence au sol pour une part, grâce à des phénomènes naturels. L’azote de l’air peut-être fixée par des bactéries ou des algues présentes dans le sol et mise plus tard à la disposition des plantes. Les autres éléments indispensables aux plantes ne sont pas renouvelés de cette manière : prélevés par les cultures, ils sont perdus pour le sol. On observe alors des carences.


Quels sont les principaux éléments nutritifs ?

Les besoins essentiels pour les plantes sont les trois éléments N,P,K, ainsi que quelques oligo-éléments

  • l’azote ( N) favorise la pousse, le développement des tiges et des feuilles
  • le phosphore ( P) favorise la formation des fleurs et des graines
  • le potassium (K) (ou potasse) favorise le développement des organes de réserve (tubercules, racines, fruits), la coloration des fleurs et des fruits, la résistance aux maladies.
  • les oligo-éléments : fer, zinc, manganèse sont indispensables mais à faible dose.

 

2- Les engrais.

Les engrais de synthèse

Dans les engrais chimiques les trois éléments sont directement assimilables par la plante. Ils vont souvent apporter un coup de fouet à la plante.
Lessivables,
seule une infime partie est utilisée par la plante, le reste part dans le sol et va polluer la nappe phréatique (voir problèmes des nitrates dans l’eau du robinet), ou se disperse dans l'air et pollue l'atmosphère.
Leur fabrication est dangereuse (rappelez vous AZF), et polluante.
Ils contiennent de nombreuses impuretés (métaux lourds dans les superphosphates par exemple).
Ils n’ont aucune action positive sur la qualité du sol.

Les engrais naturels

Ils sont composés de produits animaux (fumier), de composés végétaux (compost) et de terreau fin qui est souvent un mélange des deux.
Ils sont progressivement assimilables par les plantes, ils sont digérés par les microorganismes qui les minéralisent et les rendent ainsi disponibles. Les plantes les utilisent en libre service.
Ils apportent de nombreux éléments.
Ils favorisent l’activité microbienne du sol.
Il n’y a pas de risque d’intoxication. On peut trouver du fumier dans les nombreux haras du coin (Sylvie Hourcade en connaît un à Fontenilles), et il y a ceux de St Simon et du Charlas à Plaisance.
Ne jamais utiliser le fumier directement sur les plantes, le composter et le laisser vieillir.

Le meilleur engrais organique est le compost qui apporte humus et éléments nutritifs.

Les composteurs du SIVOM ouest.

Jackie Camilleri du SIVOM est venue nous en parler, elle nous a expliqué la fabrication du compost :
trois grands principes pour réussir son compost : équilibrer les apports en mélangeant des matières sèches (feuilles..) et des matières humides (gazon, déchets de cuisine) arroser et aérer. On peut ajouter quelques feuilles d’orties comme activateur.
A maturité (6 à 8 mois), le compost s’utilise au 1/3 pour 2/3 de terre de jardin.

Une nouvelle campagne du SIVOM propose des composteurs bon marché :
21 € le petit modèle en plastique et 42 € les grands modèles en plastique et en bois autoclavé (bon de commande dans le dernier bulletin du SIVOM n°27-décembre 2003, à retourner avant le 30/01/04. Renseignements au 05 34 56 10 40). La distribution annuelle aura lieu le 20 avril 2004 à Colomiers).
Le SIVOM fabrique à partir des déchets verts des communes OUEST du compost de très bonne qualité puisque celui de Léguevin (Renseignements au 06 84 52 42 70) peut-être utilisé en agriculture biologique il vient d’obtenir le label Ecocert. Il est vendu 0.03€ le kilo, la 4ième remorque (ou le 4ième camion ! ) mensuelle est gratuite.

La culture des engrais verts.

En complément, la culture d’engrais verts enrichit et améliore la texture du sol. Ces engrais verts protègent le sol, et grâce à leurs racines travaillent le sol en profondeur. Certaines plantes productrices d’humus peuvent remplacer partiellement le fumier et le compost. Enfin, l’engrais vert absorbe les nitrates qui autrement seraient lessivés par les pluies et perdus.

Pour infos voici les engrais verts les plus intéressants et leur utilisation :

  • Beaucoup d’engrais verts étouffent les mauvaises herbes, et produisent de l’humus comme la phacélie (semis au printemps) ou le sarrazin
  • Certains améliorent la structure du sol , comme le seigle d’automne. Il se sème après les parcelles libérées au début de septembre, il ne craint pas le gel, et est enfoui au printemps.
  • Les légumineuses comme la féverole, ou la vesce permettent l’enrichissement du sol en azote.
phacélie sarrazin seigle d'automne féverole           vesce

 

Attention à l’utilisation des engrais en général :
Même naturels les amendements peuvent créer des problèmes
Ne pas mettre trop de fumier : en trop grande quantité il peut entraîner la pollution de la nappe phréatique par les nitrates.
Attention aux cendres qui alcalinisent le sol, le rendant stérile.
En règle générale, évitez les excès !
Si vous voulez faire des apports, faites analyser votre sol et effectuez les amendements petit à petit par palier.

Au cours de la soirée, nous avons un peu dérivé sur les plantes telles que l’ortie et la consoude, plantes intéressantes dont nous ne manquerons pas de reparler.

       
    ortie consoude