| Les cafés botaniques |
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L'eau au jardin
vendredi 13 avril 2009
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Introduction
1 La Terre, planète de l’eau
La Terre s’est formée il y a 4, 6 milliards d’années. C’est alors une grosse boule chaude d’aspect lunaire sur laquelle ne se trouve pas une goutte d’eau... Mais, un milliard d’années plus tard, une météorite la frappe de plein fouet. Le choc donne alors naissance à un immense océan qui recouvre la quasi-totalité de la planète. Les premières formes de vie apparaissent. L’eau enfouie à l’intérieur du globe jaillit des volcans sous forme de vapeur. Puis la Terre se refroidit. La vapeur se condense et provoque des pluies diluviennes qui ruissellent en se chargeant au passage de sels minéraux. Cette eau salée forme les océans. Pendant ce temps, au sein de l’atmosphère, les pluies et la vapeur constituent la première réserve d’eau douce. C'est cette eau que nous puisons aujourd’hui encore, près de 3,5 milliards d’années plus tard...
Le volume de l’eau contenu par la Terre est de 1 400 000000 km3. Cela représente un cube de plus de 1000 kilomètres de côté, ou 400 fois le volume de la Méditerranée.
Plus de 97 % de l’eau de la planète bleue est salée.
2 Les temps de "voyage" de l'eau
Au cours du cycle qu’elle accomplit sur notre planète, l’eau passe à travers différents réservoirs naturels où elle reste parfois très longtemps. L’eau peut ainsi se solidifier pour
8 000 ans au sommet d’un glacier, ruisseler pendant 15 jours sous forme de cours d’eau, ou encore pénétrer dans le sol et alimenter une nappe souterraine. Là, une goutte d’eau sera prise au piège pour une durée d’en moyenne 1 400 ans... mais dans le sous-sol du Sahara, les nappes sont si difficiles d’accès que l’eau met 70 000 ans à s’y renouveler ! Retournée à l’océan, une goutte d’eau y restera 3 000 ans avant de s’évaporer, et 17 ans seulement si elle se retrouve dans un lac d’eau douce. Après s’être évaporée, elle restera 8 jours dans l’atmosphère puis elle ira grossir un nuage de pluie.
3 L’eau, un enjeu économique
Au cours du siècle dernier, les prélèvements d'eau douce dans le monde ont augmenté deux fois plus vite que la population mondiale, qui a elle-même plus que triplé.
Aujourd'hui, 20 % des êtres humains n'ont ni accès, ni les moyens de se fournir en eau potable, en raison de la pollution et de la contamination des eaux. Ainsi, 8 millions de personnes meurent chaque année d'une maladie liée à l'eau, soit 15 personnes par minute. " L'absence d'eau tue dix fois plus que les guerres ", déclarait le président du Conseil mondial de l'eau (organisme lié à l'ONU), avant la tenue du quatrième Forum mondial de l'eau à Mexico.
Alors que la population mondiale doit apprendre à mieux gérer et partager l'eau, cette ressource vitale est devenue un réel enjeu économique et politique.
L’eau n’est pas un liquide comme les autres, sans elle, pas de vie possible, ni pour les plantes, ni pour les animaux, ni pour les hommes.
L’eau a toujours été un élément essentiel de la vie des jardins ; elle leur apporte la vie dans tous les sens du terme.
Aujourd’hui elle revêt une importance particulière en raison de nos préoccupations écologiques qui visent à l’économiser et à veiller sur sa pureté.
A ce propos, notons les efforts accomplis par le conseil et le parlement Européens qui ont adopté la DCE (directive cadre sur l’eau mise en place le 23 octobre 2000).
La directive cadre donne la priorité à la protection de l’environnement, en demandant de veiller à la non-dégradation de la qualité des eaux et d’atteindre d’ici 2015 un bon état général tant pour les eaux souterraines que pour les eaux superficielles, y compris les eaux côtières.
Elle a permis au moment de sa création la mise en place d’une tarification selon le principe pollueur-payeur.
Mais depuis 2004, trois ministres de l’écologie ont planché sur ce texte pour, au final le vider de toute substance.
Ainsi, le gouvernement a renoncé à taxer les agriculteurs.
En fait, ce sont les ménages qui contribuent pour 82% (via leur facture d’eau) aux redevances, les industriels y participent pour 14% et les agriculteurs pour 4%.
Économiser l'eau
Depuis 2003 et la canicule, de nombreuses régions, notamment le sud de la France, connaissent des problèmes de sécheresse. Plus globalement, la ressource s’épuisant, partout il faut économiser l’eau. Quelques conseils.
1- Un arrosage raisonné (les 4 saisons du jardinage n°152)
Privilégiez l’arrosage localisé. Un tuyau micro poreux ou un système de goutte à goutte permettent des économies considérables de l’ordre de 50%. Evitez surtout l’arrosage par aspersion généralisée qui gaspille l’eau, favorise les maladies et les mauvaises herbes. Si vous avez peu de plantes à rafraîchir préférez les bons vieux arrosoirs qui permettent de gérer les apports et de mieux les localiser. Arroser le soir quelques heures avant le coucher du soleil afin de limiter l’évaporation. Acceptez que votre gazon jaunisse durant l’été il revivra à l’automne avec les pluies, et espacez les tontes, il sera plus résistant en période de sécheresse.
Parmi les nombreux procédés d’arrosage du marché, nous avons choisi de n’en présenter que deux : le goutte à goutte et la micro-irrigation dont l’intérêt est double : économique et technique.
Le goutte à goutte consiste en un tuyau sur lequel sont vissés des goutteurs (minuscules robinets) dont le débit est variable, il délivre l’eau très progressivement au niveau des racines à peu près au rythme où celles-ci l’absorbent il peut être relié à un programmateur. Selon la fréquence des arrosages, il permet de réduire l’alternance sécheresse / excès d’eau et donc les à-coups dans le développement des cultures. On évite par exemple sur des tomates arrosées goutte à goutte les problèmes d’enroulement du feuillage, d’éclatement des fruits, ou du « cul noir » (tâche sombre à l’apex des fruits).
Remarque :
Il semble que :
- les plantes d’Asie aiment être aspergées (chou, fraise, poivron, haricot vert)
- les plantes d’Amérique du Sud aiment être arrosées au pied
Le goute à goutte consomme deux fois moins d’eau que l’aspersion à rendement équivalent.
Du fait de la localisation très précise de l’apport d’eau et de son étalement dans le temps.
Il y a moins d’évaporation, pas de ruissellement, peu de consommations parasites par les mauvaises herbes donc des pertes réduites à leur plus simple expression.
Le tuyau micro poreux consiste en un tuyau (caoutchouc de pneumatiques ou fibres de polyester recouvertes d’une résine poreuse le poritex ) percé de trous minuscules. Il se pose sur le sol ou est légèrement enterré. Il n’y a aucune dispersion : seule la terre située à moins de 10 cm de part et d’autre du tuyau est arrosée. Il est conçu pour irriguer des linéaires inférieurs à 20 m.
Comme le goutte à goutte, il peut être relié à un programmateur, mais il est plus fragile et peut être bouché par des particules de calcaire ou des grains de sable. Cependant s’il est enterré, ce type de tuyau a une durée de vie plus longue, car la formation de calcaire est ralentie.
Il convient pour un potager ou une haie.
* Récupérer l'eau de pluie
Quel dommage de ne pas récupérer l’eau qui tombe parfois abondamment du ciel… Quelques conseils pour enfin passer à l’acte.
Contrairement à celle du réseau, l'eau de pluie n'est ni calcaire, ni chlorée, ni trop froide, qualité appréciée des plantes du jardin. Elle a de plus l'immense avantage d'être gratuite. Le potentiel de récupération d'eau de pluie est important puisque l'on peut collecter selon les régions entre 45 et 80 m3 pour 100 m² de toiture. De quoi assurer, en théorie, la totalité des besoins d'arrosage d'un jardin de 200 m² si les pluies sont bien réparties, ou si vous disposez d'un réservoir d'une capacité suffisante.
Attention cependant : ne récupérez pas l'eau de toits couverts de toile goudronnée ou de matériaux d'étanchéité bitumés qui libèrent des hydrocarbures. Pour les bardeaux de bois, il faut attendre environ un an avant que l'eau soit bien claire et ne contienne plus de tanins.
Selon le budget que vous êtes prêts à y consacrer, on peut distinguer schématiquement trois cas de figure :
- Equipement minimal et peu coûteux : cuve plastique de 200 à 800 litres (en jardinerie ou de récupération) à installer au pied de votre descente d'eau de pluie. Evitez le PVC et préférez le polyéthylène. A disposer si possible sur un support qui permet de poser son arrosoir sous le robinet situé au pied de la cuve. L'ensemble étant d'une esthétique douteuse, prévoyez de le cacher avec des plantes grimpantes. N'oubliez pas de vidanger votre cuve avant les risques de gelés.
- Equipement plus conséquent, à partir de 1 000 ou 1 500 litres .Les fabricants spécialisés proposent différents modèles de cuves en polyéthylène de 1 000 à 2 000 litres. Vous pouvez en connecter plusieurs ensemble . Là encore, recouvrez-les de plantes grimpantes et pensez à les vidanger en hiver. Ou alors optez pour une citerne conçue pour être installée dans une cave (cuves de 700 à 1 100 litres qui passent par une porte).
- Equipement de grande taille. Il existe enfin des citernes à enterrer en polyéthylène renforcé, à partir de 3 500 litres, mais l'investissement est nettement plus élevé.
Il faudra aussi prévoir :
1. collecteur filtrant à double position été/hiver et capable de jouer le rôle de trop plein; il s'adapte facilement sur la gouttière;
2. raccords, robinets, embouts et tuyaux pour jumeler deux cuves..., disponibles chez certains fabricants;
3. si votre toit est parfois couvert de feuilles: un "Stop-feuilles", astucieuse grille cylindrique à disposer tout le long de la gouttière, ou bien, s'il y en a peu, une simple crapaudine à installer au départ de la descente.
Vous pouvez arroser avec des tuyaux suintants ou envisager l'achat d'une petite pompe électrique pour arroser au jet. Votre investissement sera amorti en deux ou trois ans, compte tenu du prix de l'eau économisée.
2- Plantes sobres
Vous pouvez sélectionner des variétés végétales peu gourmandes en eau : c’est l’objet de notre deuxième point ;
Les plantes fleurissant au printemps sont par nature économes en arrosage : elles se contentent des précipitations printanières, qui font rarement défaut quelle que soit la région. Durant la sécheresse estivale, elles se mettent en vie ralentie ou disparaissent de la vue. Tulipes, jacinthes, narcisses, pâquerettes, giroflées, doronics, violettes, primevères, pavots d’Orient et myosotis en sont des exemples bien connus.
Fleurs annuelles et bisannuelles à semer en place : rose trémière, muflier, Dimorphoteca aurantiaca, pavot de Californie, gaillarde, thlaspi blanc, kochia, belle-de-nuit, nigelle de Damas, rose d’Inde.
Plantes vivaces : Acaena, achillées, agaves, aloès, anaphales, anthemis, Arctanthemum, gazon d’Olympe, herbe-à-la-ouate, armoises, œil-du-Christ (Aster amellus), Aster ericoides, aubriète (Aubrietia), Ballota, Beschorneria, Calamintha, campanules, Centranthus, Cereus, cirses, cistes, coréopsis, Dendranthema, œillets (Dianthus), Dorycnium, Echeveria, Echinocactus, chardon bleu (Echinops), bruyère vagabonde (Erica vagans), érigerons, Erodium, Eryngium, Erysimum, euphorbes, Gaillardia lanceolata, Halimium, hélianthèmes, corbeille d’argent, iris (Iris germanica), verge-d’or (Solidago virga aurea), Lampranthus, lantanas, lavandes, lavatères, Mesembryanthemum, Marrubium, Opuntia, phlomis, Prunella, rue, sauges, santoline, saponaires, sédums, séneçons (Senecio), filipendule (Spirea filipendula), épiaires (Stachys), tanaisie, Thermopsis, thyms, molène (Verbascum), verveines, véroniques, yucca.
Graminées : fétuques, Helictotrichon, Melica, stipes, zoysia.
Bulbeuses : la plupart des espèces.
Il semble que les plantes aromatiques, surtout celles à feuillage gris (thym, romarin, lavande, santoline) apprécient les emplacements secs et ensoleillés.
Du côté des vivaces, on peut retenir l’armoise, l’agapanthe, l’acanthe.
Le lierre, les graminées, le perovskia (sauge bleue d’Afghanistan) résistent bien au manque d’eau.
* PLANTES GOURMANDES
Beaucoup de fleurs annuelles (ricin, tabac…) et, parmi les vivaces : canna, chrysanthèmes, dahlia, Delphinium (pied-d’alouette), Dicentra formosa (cœur-de-Jeannette), marguerite, lupin, phlox, potentille, Tritoma…
* CONSEILS
N’oublions pas les plantes couvre-sol (vinca, thym, acaena, ajuga, cotoneaster, véronique …)
Le binage est un complément efficace de la pratique de paillage. Le passage de la binette ou du sarcloir permet d’ameublir la terre sur quelques centimètres : la remontée d’eau par capillarité à la surface du sol et par conséquent son évaporation, sont ainsi considérablement freinées.
Arrosage :
- Arroser dès que les dernières traces d’humidité ont disparu à la surface du sol et, de manière plus urgente encore, lorsque que la terre commence à se fendiller. Arroser tôt le matin permet de diviser par deux les pertes par évaporation, et d’éviter les brûlures occasionnées sur les feuilles par les gouttelettes. (oublions les vieilles habitudes consistant à arroser le soir).
- Observer le jardin, plutôt le matin, et non l’après-midi, en plein soleil, quand tout est flagada ! Après un orage, gratter le sol pour évaluer précisément ce qui est tombé : une ondée laisse souvent la terre sèche sous le paillis, et ne dispense pas d’arroser
- Privilégier l’arrosage individuel : arrosoir, goutte-à-goutte, tuyaux microporeux, etc. Éviter les systèmes par aspersion. Et évidemment mieux vaut opter pour l’eau de pluie récupérée !
* UNE PRAIRIE FLEURIE
Soyons réalistes, l’évolution climatique renvoie le gazon à la catégorie “culture de luxe” ! Dans les régions du Sud, même arrosé, il vire au paillasson dès juin. Inutile de s’entêter, il faut le changer en prairie fleurie…
Une prairie durable va s’appuyer sur la flore locale et sur des plantes sauvages adaptées au climat et au terrain. On les implante et on les aide à se ressemer, pour qu’elles acquièrent une autonomie qui libère de tout entretien et de tout arrosage. Tous les travaux s’effectuent à l’automne, afin que les plantes se développent avant les premières chaleurs.
Une prairie fleurie sur un sol vierge
En choisissant judicieusement les graines, on va semer une prairie et améliorer le sol en même temps.
- Dans un premier temps, il faut observer ce qui pousse dans les prés voisins pour avoir une première orientation. Puis on complète avec des espèces botaniques de même milieu. En sol humide, achillée, eupatoire, reine-des-prés, succise, lychnis, digitale, coucou, verge d’or, asters, géranium, sauge des prés, benoîte, sanguisorbe, marguerite, ancolie, pâquerette, onagre… En sol sec, aigremoine, centaurée, millepertuis, achillée, silène, pimprenelle, matricaire, séneçon, jacobée, coquelicot, bouillon blanc, carotte, origan, alysson blanc, vipérine, fenouil…
- À cette base de graines, il faut ajouter des graminées – houlque laineuse, fétuques, folle avoine – et le petit plus qui va améliorer la texture du terrain et nourrir leurs compagnes : les légumineuses. Sainfoin, lotier, mélilot pour sol plutôt sec et trèfle incarnat, lupins, minette et vesces en sol frais ou argileux.
- Pour composer le mélange, comptez 70 % de fleurs, 20 % de légumineuses et 10 % de graminées.
- Semez à l'automne, sur sol meuble, égalisé à la griffe. Un deuxième passage de griffe puis de rouleau à gazon collera les graines au sol. Les plantes germeront petit à petit au cours de l’hiver, jusqu’au printemps.
Ancien gazon ? Inutile de le retourner
Dans un ancien gazon, on va profiter des endroits “pelés”, des emplacements de taupinières, pour y implanter des fleurs sauvages, qui coloniseront petit à petit toute la surface libre. Quant au gazon, ni tondu, ni fertilisé, il redeviendra herbe !
- Utilisez les mêmes mélanges que pour le semis direct mais sans les graminées, en commençant par gratter le sol à la griffe pour le décompacter. Ensuite, semez clair et enterrez la graine au râteau.
- Le mélange peut être complété par des plantations de bulbes : perce-neige, scilles, jonquilles en terres fraîches ; alliums, tulipes botaniques, glaïeul de Byzance pour les sols secs.
Entretien : service minimum !
Ce qui est formidable avec les prairies fleuries, c’est qu’on en profite tout le printemps ! Le fauchage s’effectue tard, au cours de l’été, car il faut que les plantes aient eu le temps de grainer pour se ressemer.
- Dans les sols riches qui produisent beaucoup, il vaut mieux ramasser cette herbe, qui servira de paillis pour les haies.
- Dans le cas de prairies sèches où il y a peu d’herbe, le fauchage annuel n’est pas obligatoire. Il suffit d’un, tous les deux ans, pour éviter le développement d’arbustes ou arbres qui refermeraient le milieu.
- Dans tous les cas, on peut tracer des chemins à la tondeuse pour aller profiter de petits coins secrets cachés dans la prairie.
Besoins en eau au verger (article de J-P Thorez :Terre vivante – L’écologie pratique)
Sous nos climats, la plupart des arbres et arbustes fruitiers se satisfont de l’apport des précipitations et ne nécessitent donc pas d’arrosage en dehors des deux premières années après leur plantation. Cependant, certains sont plus sobres que d'autres...
Les plus exigeants sont les fruitiers « à pépins », dont les fruits grossissent au cœur de l’été.
- Le poirier, notamment, exige annuellement 850 mm d’eau bien répartis sur l’année, ce qu’il ne trouve que dans le nord-ouest de la France.
- Le pêcher est, lui aussi, assoiffé du printemps à l’automne, période où il doit recevoir l’équivalent de 650 à 700 mm, ce qui est loin d’être acquis dans toute la France.
- Le pommier ne se montre qu’à peine plus sobre, avec 600 mm nécessaires entre le moment où éclatent ses bourgeons et celui où les feuilles tombent.
- Les groseilliers, cassis, framboisiers et actinidias, aux racines superficielles, sont également fragiles.
- Cerisiers, abricotiers et pruniers, en revanche, sont plus rustiques de ce point de vue. Leur sève « descend » dès la fin de la récolte, en général précoce, et ils perdent rapidement leurs feuilles si le sol est sec.
- Les essences typiquement méditerranéennes (amandier, figuier, bibacier ou néflier, vigne, grenadier) sont également de tempérament sobre.
Un verger enherbé (appelé pré-verger) consomme logiquement davantage d’eau qu’un verger dont le sol est nu. Cette pratique doit être réservée aux régions à étés humides, où elle est traditionnelle (Normandie, Bretagne, Picardie, Lorraine, Auvergne…).
Les arbres et arbustes fruitiers, du plus sobre au plus exigeant :
- Très sobres : amandier, grenadier, figuier, olivier, vigne
- Sobres : abricotier, bibacier (néflier du Japon), cerisier, cognassier, noisetier, prunier
- Exigeants : actinidia (kiwi), cassis, citronnier, framboisier, groseillier, noyer, oranger, pêcher, poirier, pommier.
Besoins en eau des principaux légumes
S’il ne faut pas céder à la tentation d’arroser trop, il faut se garder de la même manière d’être chiche avec ses plantes au prétexte qu’« elles n’ont pas l’air de souffrir », ou que « d’habitude, on n’arrose pas ». Même sous un climat où l’évapotranspiration estivale n’est pas très élevée, il faut arroser car tous les légumes ont des besoins élevés. Et il y a des années qui sont plus sèches que d’autres !
En litres par mètre carré et par jour
| Légume |
Moitié nord de la France |
Moitié sud de la France |
Ail
- végétation
- formation du bulbe |
-
3
|
3
5
|
Asperge
- récolte
- végétation |
-
3
|
-
4,5
|
Artichaut
- végétation
- production |
2
5
|
5
7,5
|
Betterave
- jusqu'au grossissement de la racine
- grossissement de la racine |
3
4
|
4,5
6
|
Carotte
- premiers mois (arrosages faibles et fréquents)
- ensuite |
2
4
|
3
6
|
Chou-fleur
- croissance
- grossissement de la pomme |
2 à 4
5 à 6
|
3 à 6
7 à 9
|
Haricot (arroser régulièrement sans mouiller le feuillage)
- jusqu'à la floraison
- nouaison |
3
4
|
4,5
6
|
Laitue
- jusqu'au stade rosette
- jusqu'à la pommaison |
2
4
|
3
6
|
Melon (arroser très régulièrement)
- jusqu'à la floraison
- récolte |
0,5
3
|
1
6
|
Oignon
- végétation
- grossissement du bulbe |
-
3
|
3
6
|
Pomme de terre
- avant tubérisation
- tubérisation |
2
4
|
3
6
|
| Poireau |
3 |
5 |
Tomate, poivron, aubergine, courgette
- jusqu'à la floraison
- grossissement des fruits |
2
4
|
3
6
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* Le paillage
Paillage organique
Paille, feuilles mortes, chips de coco, coques de cacao, plaquettes de chêne, paillettes de chanvre, écorces de pin maritime
Pailler est un geste préventif qui évite bien des problèmes :
- Il réduit l’évaporation de l’eau présente dans le sol ;
- Il empêche l’installation des herbes indésirables ;
- Il protège le sol de l’érosion et des pluies battantes ;
- Il offre un abri aux insectes auxiliaires (coccinelles, vers luisants, carabes, forficules …) ;
- Il peut apporter, selon sa nature, de la matière organique qui entretient l’humus du sol.
- Il doit être effectué sur un compost mûr afin d’éviter la « faim d’azote »
A mesure des nettoyages de fin d’hiver ou des plantations, il faut tout pailler, afin de ne plus avoir un décimètre carré de terre nue.
- Dès mars, le nettoyage des vivaces et les tailles diverses fournissent le premier approvisionnement pour le broyeur. Les résidus sont étalés sur le sol déjà désherbé et ameubli. En général, ce matériau suffit pour la première couche (5 à 7 cm) des massifs de vivaces et du potager. Mais avec l’arrivée des beaux jours, la terre digère vite ce paillis qu’il faut renouveler.
- En mai, piocher dans la réserve de feuilles mortes amassée en novembre (tilleul, frêne, érables, charme, chêne..) : mélangées à l’herbe des premières tontes, elles fournissent un excellent matériau pour les légumes et les annuelles (8 à 10 cm d’épaisseur).
- Pour les légumes d’été, tomates, concombres, choux, blettes, il reste encore la feuille de platane : coriace, elle dure longtemps et peut remplacer la paille.
- À partir de mai - juin, la difficulté est d’avoir un sol assez mouillé pour pailler : en effet, pailler sur sol sec conduit à la catastrophe, puisqu’on conserve la sécheresse dans le sol.
Les engrais verts
N’oublions pas les engrais verts qui permettent d’enrichir le sol, d’attirer les insectes pollinisateurs
LIENS UTILES
- Installation d’un réseau d’arrosage : Les 4 saisons du jardinage n° 152 ;
- Paillage : les 4 saisons n° 139,158,173.
- Autres articles sur le site de Terre Vivante
- Récupérateurs d’eau
- bâche souple: http://www.reservoirseaux.fr
- cuve rigide: http://www.eau2pluie.com
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